L'incroyable épopée de Tati & Papi Dézil

Samedi 31 Mars 2007

Cadres de Vie

L'histoire avait débuté ainsi...

Ils s'étaient mariés sur le tard, dans ce territoire unique qu'est La Réunion, à la fois bout d'Europe, avec tout ce que cela comporte d'administration, d'assistanat et de consommation, et simultanément ce parfum des îles des mers du sud... avec tout ce que cela peut évoquer de doux zéphyr, de nature luxuriante et de lagons paradisiaques.


Voyage de noces et lune de miel
Ayant convolé en très justes noces quelques mois au paravent, ils avaient décidé de différer leur voyage de noces jusqu'au départ en retraite de Parviz. Jean-Claude la suivrait immédiatement, bien qu'administrativement ils n'entraient pas dans la même catégorie puis qu'elle étant fonctionnaire et lui profession libérale, leurs dates "légales" de départ en retraite étaient théoriquement éloignées de cinq années (et ce détail aurait grande importance, un peu plus tard).

Le début du voyage, préparé, confortable, sécurisé nous offrit une micro-croisière de rêve dans la suite nuptiale du seul cargo mixte assurant une liaison entre les Mascareignes et la grande île.... le « Trochetia »

A l'aube du troisième jour, dans les brumes évanescentes de Tamatave, changement brutal de décor. Débarquement dans le chaos. Murs gris, locaux délabrés. Dédouanement inorganisé et contrôles suspicieux. Le dépaysement était déjà là, triomphant, irréversible.

Il nous fallait rejoindre en taxi brousse notre première étape à 160 Km de là. à Soanierana-Ivongo. Improbable embarcadère pour un cythère exotique installé sur le point réputé le plus dangereux de cette côte.. Sale, grouillant, indigent.

Une vieille barcasse délabrée engloutit nos 150 Kg de bagages. Les humains mélangés au petit bétail, dans un brouhaha indescriptible, prisonniers d'une bâche déchirée. Il avait fallu se disputer de crasseux gilets de sauvetage, inquiets que nous étions d'un possible naufrage, tant la surcharge était démesurée. (crainte malheureusement justifiée statistiquement)

Puis un premier rayon de soleil pour éclairer le chef lieu de notre nouvel « eldorado » Ambodifotatra.

Petit port sympa mais antédiluvien, avec quelques hôtels et restaurants, une banque, tous mornes et sans cachet, (mais un peu moins toutefois que notre « Alliance Française » qui pourtant paradait sur le quai.

Nouvelle recherche de taxi-brousse pour franchir nos trente derniers kilomètres. Attente, palabres, chantage. Le chauffeur d'une camionnette désarticulée accepte de nous prendre pour l'équivalent d'un Smic local. Là encore sont entassés pèle-mêle les passagers, toute une basse-cour et des marchandises hétéroclites. La piste défoncée et glissante à l'extrême (nous sommes en saison des pluies) semble vouloir renverser notre véhicule au franchissement de chaque ornière, le noyer à chaque flaque, le blackbouler à chaque monticule.

Pourtant le charme s'opère déjà. Des paysages de carte postale s'étalent au long du chemin... les criques, les plages, la végétation luxuriante nous chavirent, des senteurs tropicales nous enivrent, des couleurs chatoyantes nous submergent d'émerveillement... autant que la route nous bouleverse les entrailles.

Deux heures de calvaire routier... et on nous annonce l'arrivée à l'orphelinat... Notre havre, au terminus.

Jean-Claude RIDOLCE
Rédigé par Jean-Claude RIDOLCE le Samedi 31 Mars 2007 à 17:11

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