L'incroyable épopée de Tati & Papi Dézil


Heureux qui comme Ulysse...

Dimanche 1 Avril 2007

Pêle-Mêle

Heureux qui comme Ulysse...
Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage, parti, au soir de sa vie conquérir la toison, et puis est retourné, plein d'usage et raison, vivre en son pays, le reste de son âge !

Voici, paraphrasé, comme dans le poème de Du Bellay, le récit à la fois extraordinaire et banal... d'une épopée de jeunes mariés, qui voulaient meubler leur retraite en aidant, à la mesure de leurs moyens, ce pays du tiers monde qui leur était si cher. MADAGASCAR.

Pour elle c'était son pays natal. Issue d'une famille de Karana (ethnie du nord de l'Inde), installée là depuis trois générations, elle l'avait quitté étudiante, aux heures sombres de la dictature néo-maoïste, pour dérouler une carrière tranquille d'enseignante en métropole puis à la Réunion.

Pour lui, c'était un coup de foudre de jeune adulte, vécu en tant que coopérant dans les premières années d'indépendance. Il avait ressenti, comme tous, une tristesse mêlée de nostalgie, infinies et amères de voir ce pays tomber dans un tel état de misère, sans espoir de renouveau. Depuis une tentative tragique, dans les années 90, de vouloir participer à une renaissance de la démocratie en ce pays, il pensait avoir évacué toute velléité de nouvelle aventure dans ce marasme permanent qu'était devenue la grande île depuis plus de 40 ans.

Mais un évènement arriva, sous la forme de sourires d'enfants, réunis dans un paradis perdu. Des orphelins recueillis dans l'île de Sainte Marie, par un petit bout de femme possédant l'énergie et le dévouement de cent pères missionnaires.

Connaissant nos tempéraments notre amie nous lança un cri de détresse prenant immédiatement forme de défi... "Nos enfants nous pouvons les nourrir, les vêtir, les éduquer, les choyer... mais nous ne pouvons pas les empêcher de... mourir ! "

Vous qui avez les moyens intellectuels, relationnels et techniques... aidez-nous à combattre et vaincre ce fléau qu'est le paludisme qui tue nos enfants !

N'était-ce pas là la plus fantastique, unique et dernière occasion de joindre l'utile à l'agréable. Vivre une retraite active, intelligente et humanitaire dans un décor paradisiaque.

La décision fut vite prise.




Jean-Claude RIDOLCE
Rédigé par Jean-Claude RIDOLCE le Dimanche 1 Avril 2007 à 05:46

Voyage de noces et lune de miel

Samedi 31 Mars 2007

Cadres de Vie

L'histoire avait débuté ainsi...

Ils s'étaient mariés sur le tard, dans ce territoire unique qu'est La Réunion, à la fois bout d'Europe, avec tout ce que cela comporte d'administration, d'assistanat et de consommation, et simultanément ce parfum des îles des mers du sud... avec tout ce que cela peut évoquer de doux zéphyr, de nature luxuriante et de lagons paradisiaques.


Voyage de noces et lune de miel
Ayant convolé en très justes noces quelques mois au paravent, ils avaient décidé de différer leur voyage de noces jusqu'au départ en retraite de Parviz. Jean-Claude la suivrait immédiatement, bien qu'administrativement ils n'entraient pas dans la même catégorie puis qu'elle étant fonctionnaire et lui profession libérale, leurs dates "légales" de départ en retraite étaient théoriquement éloignées de cinq années (et ce détail aurait grande importance, un peu plus tard).

Le début du voyage, préparé, confortable, sécurisé nous offrit une micro-croisière de rêve dans la suite nuptiale du seul cargo mixte assurant une liaison entre les Mascareignes et la grande île.... le « Trochetia »

A l'aube du troisième jour, dans les brumes évanescentes de Tamatave, changement brutal de décor. Débarquement dans le chaos. Murs gris, locaux délabrés. Dédouanement inorganisé et contrôles suspicieux. Le dépaysement était déjà là, triomphant, irréversible.

Il nous fallait rejoindre en taxi brousse notre première étape à 160 Km de là. à Soanierana-Ivongo. Improbable embarcadère pour un cythère exotique installé sur le point réputé le plus dangereux de cette côte.. Sale, grouillant, indigent.

Une vieille barcasse délabrée engloutit nos 150 Kg de bagages. Les humains mélangés au petit bétail, dans un brouhaha indescriptible, prisonniers d'une bâche déchirée. Il avait fallu se disputer de crasseux gilets de sauvetage, inquiets que nous étions d'un possible naufrage, tant la surcharge était démesurée. (crainte malheureusement justifiée statistiquement)

Puis un premier rayon de soleil pour éclairer le chef lieu de notre nouvel « eldorado » Ambodifotatra.

Petit port sympa mais antédiluvien, avec quelques hôtels et restaurants, une banque, tous mornes et sans cachet, (mais un peu moins toutefois que notre « Alliance Française » qui pourtant paradait sur le quai.

Nouvelle recherche de taxi-brousse pour franchir nos trente derniers kilomètres. Attente, palabres, chantage. Le chauffeur d'une camionnette désarticulée accepte de nous prendre pour l'équivalent d'un Smic local. Là encore sont entassés pèle-mêle les passagers, toute une basse-cour et des marchandises hétéroclites. La piste défoncée et glissante à l'extrême (nous sommes en saison des pluies) semble vouloir renverser notre véhicule au franchissement de chaque ornière, le noyer à chaque flaque, le blackbouler à chaque monticule.

Pourtant le charme s'opère déjà. Des paysages de carte postale s'étalent au long du chemin... les criques, les plages, la végétation luxuriante nous chavirent, des senteurs tropicales nous enivrent, des couleurs chatoyantes nous submergent d'émerveillement... autant que la route nous bouleverse les entrailles.

Deux heures de calvaire routier... et on nous annonce l'arrivée à l'orphelinat... Notre havre, au terminus.

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Jean-Claude RIDOLCE
Rédigé par Jean-Claude RIDOLCE le Samedi 31 Mars 2007 à 17:11

Cadres de Vie

île Sainte-Marie... aux couleurs de paradis
Nous découvrons l'orphelinat de Brousse « Zazakely ». Rien que son intitulé définit l'établissement.

« Zazakely » signifie « petit enfant » en Malgache. Ils sont une soixantaine de gosses, âgés de trois à quatorze ans. Parfois frères et soeurs. Au minimum tous cousins, car tous les natifs de l'île le sont plus ou moins.

« De Brousse » : c'est à dire un lieu sans électricité, sans eau potable, avec néanmoins le luxe de latrines dotées de fosses septiques et ce que l'on nomme ici des douches, c'est à dire un endroit où l'on peut cacher sa nudité en se faisant couler le contenu d'un pichet d'eau sur le corps (et qu'un écoulement permet d 'évacuer hors des lieux de vie, civilisation oblige !).

Matériellement, l'orphelinat est une ancienne menuiserie plus ou moins retapée pour en faire un lieu habitable, à la quelle on a ajouté quelques cases en matériaux locaux, pour le personnel d'encadrement et les « visiteurs ».

Horreur, misère et abjection penserez vous ? Non, car toute cette précarité devient totalement secondaire, dès l'apparition des enfants.

Oublié leurs guenilles, on ne voit plus que leur sourire, leurs yeux grands écarquillés, leurs cris bizarrement endiablés de félicité et leurs trépignements de joie. Nous ne sommes ni le Père Noël, ni mère Téresa, mais nous sommes reçus au moins comme si nous les étions.

Et puis Noël arrive. Une jeune Réunionnaise bénévole était venue distribuer des rebuts de jouets collectés sur les brocantes et chez les vide-greniers de l'île Bourbon. Certains objets semblaient n'avoir pas été mis à la poubelle que par pure honte, tant leur état était lamentable. Meliza les emballait néanmoins consciencieusement dans du papier journal, avec tendresse, avec passion. (Enfin un échantillon de belle jeunesse qui ne se demandait pas ce qu'il était venu foutre sur terre comme la majorité de ses congénères. Elle était venue là, donner son énergie et sa tendresse au lieu de revendiquer tout et son contraire... qu'on lui donne la becquée, sa pitance et le surplus en toute sécurité, Bref,)

Des femmes de peine (car sur ce plan, règne en cette contrée une stricte égalité des sexes) avaient dressé sur de petites nattes, des carrés de feuilles de bananier, autour d'une grande natte où trônaient six bouteilles de Coca-Cola, et une vingtaine de paquets de biscuits (calculé juste pour qu'il y en ait deux par enfant)

La cérémonie allait nous arracher les tripes, nous fendre l'âme, bouleverser nos certitudes, chambouler nos sentiments et exacerber notre compassion. J'en chialais d'émotion derrière ma caméra.

L'émerveillement de ces enfants devant une poupée éventrée ou énuclée - des voitures cabossés, parfois sans roue, parfois rouillées - des jeux de dames, d'échecs ou de l'oie où il manquait des pions - des livres sans couvertures ou aux pages arrachées et... tout ce bric à brac de déchetterie, créait une joie indicible, une foi en un avenir radieux qu'ils n'inventaient même pas... ils vivaient enfin le bonheur, à l'état pur !

Curieux voyage de noces penserez-vous ? Certes inhabituel, mais qui valait en cet instant cent fois Venise, mille palais d'orient... tout l'or et tout l'argent du monde !


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Jean-Claude RIDOLCE
Rédigé par Jean-Claude RIDOLCE le Samedi 31 Mars 2007 à 17:04

Pêle-Mêle

Jardin Tropical... fleur exotique de l'espoir
Nous avions passé le réveillon de Saint Sylvestre dans l'un des plus grands hôtels de l'île, créé il y a 35 ans et maintenu de main de maître par la Famille Blondel. Nous avons ainsi fait la connaissance de plusieurs Vazahas (étrangers), de métisses et de Zanatany (émigrés de longue date) et quelques Malgaches de haut rang. Beaucoup parlaient avec simplicité de leur réussite dans cette île, historiquement et culturellement en marge de « la grande terre ».

L'intégration ne semblait pas si difficile que nous le redoutions. Parviz achevait sa dernière année d'enseignement. Le défi qui nous avait été lancé par Michelle, fondatrice de l'orphelinat, avait déjà donné lieu à une profonde analyse de problématiques variées tant génériques que spécifiques.

Il était évident que pour mener à bien un tel challenge, il nous faudrait vivre au moins alternativement à la Réunion et à Sainte Marie. Par ailleurs le diabète de Jean-Claude et les liens familiaux de Parviz imposaient de rester en contact régulier avec notre "civilisation".

Le hasard nous fit découvrir un terrain retourné en friche (tropicale), mais doté de 200 mètres de plage de sable blanc rafraîchie par l'ombre de badamiers géants et cocotiers.

Une rapide enquête nous apprenait qu'il s'agissait d'un ancien établissement hôtelier, créé par un Belge, et en faillite depuis bientôt cinq ans. Tous les bâtiments étaient effondrés et le principal matériel, un puissant groupe électrogène, pataugeait dans un marécage.

Nous retrouvions le propriétaire du terrain qui n'était autre que le "doyen", chef spirituel du village. Quelques tractations avec l'octogénaire, et nous convenions d'un bail emphytéotique de 25 ans. Parallèlement avec un voisin, métisse retraité de l'armée Française, réinstallé comme entrepreneur à quelques Km de là, nous élaborions un plan de réhabilitation.

Ayant confié cette charge à notre nouvel ami, nous repartions pour quelques mois à la Réunion. Trois mois plus tard, comme convenu, je revenais, seul, pour une visite de contrôle.

Le travail accompli était déjà considérable. Deux bungalows (sur onze) avaient été réhabilités, et surtout le groupe avait été sorti de la vase, démonté, et remonté pièce par pièce à l'intérieur d'un nouveau bâtiment. Miraculeusement il fonctionnait parfaitement, ainsi que le réseau de distribution. Un bâtiment central avait également été restauré pouvant servir provisoirement de cuisine et de salle à manger.

Tout était là... prêt pour une retraite de rêve !

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Jean-Claude RIDOLCE
Rédigé par Jean-Claude RIDOLCE le Samedi 31 Mars 2007 à 17:02
Jardin Tropical... premières effluves de purgatoire
Nous vivions, béats, nos rêves... enchantés !

Mais un évènement vint rapidement tout gâcher. La mort du patriarche.

La famille : deux frères et une soeur, en furie, déclaraient qu'ils ne reconnaissaient plus notre bail au motif fallacieux que leur père souffrait de sénilité avancée. Ils commencèrent par casser et voler divers équipements au prétexte que, selon eux, tout leur appartenait.

D'interminables palabres aboutirent à la signature d'un nouveau bail dont la novation essentielle était une diminution de durée à 10 ans, la multiplication par quatre du montant du loyer, et le versement de celui-ci sur le compte bancaire du frère aîné.

En décembre, Parviz venait d'obtenir sa retraite. Nous revenions donc pour nous installer durablement... et pas les mains vides... avec 150 kilos de cadeaux (d'occasion, certes, mais en très bon état) destinés aux enfants de l'école (incluant naturellement les pensionnaires de l'Orphelinat.)

Premiers incident grave : contrairement à l'ordinaire, en raison de la Noël, nous avions donné quartier libre à tous les employés. Nous avons été cambriolés (manifestement par un habitué des lieux) pendant la distribution des jouets dans l'école voisine. Outre notre camescope, tous nos papiers officiels et billets d'avion avaient disparus.

Ayant pris en sympathie le bricoleur de génie qui avait notamment réssucité le groupe électrogène et dans la perspective d'un prochain voyage, nous décidions de l'engager comme régisseur, avec notamment comme mission de superviser les travaux... dont la construction de son propre bungalow.

Second Incident : on ne revoit plus le bonhomme plusieurs semaines de suite, en dépit d'un salaire très important pour l'endroit. Nous décidons mutuellement de nous séparer.

En lieu et place, nous nommons le fils cadet du défunt propriétaire, lequel a pour particularité d'être aussi une sorte de président de canton. Nanti de cette double caractéristique (devant a priori garantir sa probité et des capacités de meneur d'hommes) nous repartons confiants à la Réunion.

De retour trois mois après, le bâtiment, qui était presque achevé précédemment, n'avait pas évolué d'une planche. Les ouvriers nous informent qu'ils ont été mal traités et que "le chef" nous a volé des matériaux de chantier, du carburant, ainsi que des communications téléphoniques pour un montant équivalent à deux smics locaux).

Nous enquêtons, les preuves étant suffisantes nous licencions le bonhomme, évidemment !

Quelques jours après, nous recevons une convocation du Sous-Préfet, lequel nous apprend qu'une soixantaine de villageois nous accuse de maltraitance (par exemple que nous les faisons marcher enchaînés à quatre pattes et autres barbaries du genre).

Il nous déclare, dubitatif, être incapable d'imaginer comment nous avons pu faire une telle unanimité contre nous et nous confie alors une lettre de notre ex-régisseur, contre signée par 63 personnes, demandant notre expulsion du territoire pour ces motifs inventés !

Dès notre retour, grâce à un autre personnage, (qui va avoir un autre rôle prépondérant par la suite), notre piroguier interroge illico plusieurs signataires de la pétition, lesquels déclarent qu'ils ont été abusés... qu'ils pensaient avoir signé un acte pour le recensement.

L'enquête de gendarmerie établit la réalité des vols, des faux en écriture publique et autres chefs subsidiaires.

Mais un an après, notre plainte, ainsi que celle des 63 villageois contre leur chef, n'étaient toujours pas transmises au tribunal.

Le Sous-Préfet avait changé de casquette pour prendre celle de défenseur de la coutume, en opposition formelle à sa mission de chef de district lui imposant le respect de la loi moderne.

Son objectif... traiter lui même le problème par des palabres codifiées et des salamalecs rituels, selon la coutume ancestrale !

Jean-Claude RIDOLCE
Rédigé par Jean-Claude RIDOLCE le Jeudi 1 Mars 2007 à 04:21

Une Médiathèque... de Brousse !

Mardi 20 Février 2007

Pêle-Mêle

Deux associations jumelles pour une même action.

Parviz rêvait d'une belle moisson elles et ses amis ont fait de belles semailles... mais les intempéries ont retardé la récolte.

On lui laisse la parole.


Une Médiathèque... de Brousse !
Une médiathèque de Brousse... le contraire d'une utopie !

Ventre affamé n'a pas d'oreille dit-on, et bien des ONG se sont crées pour apporter
au tiers monde, nourriture, santé et instruction, mais sans toucher au fondamental.... l'éducation.

Or, bien souvent, quand nous voulons apporter une aide humanitaire, nous raisonnons avec notre culture occidentale, ce qui entraîne fréquemment des dérives, dont voici quelques exemples :

Pour nous une moustiquaire sert à se prémunir du paludisme ou du chikungunya. Or les habitations des plus démunis n'en permettent même pas l'installation. Certains pécheurs ont ainsi détourné l'objet, pour ce qui leur semblait un meilleur usage et les avait transformé... en épuisette pour la pêche. Malheureusement, ces filets non adaptés retenant les larves de langouste et de crevette, ont entraîné consécutivement une pénurie de ces crustacés précieux pour l'économie locale et nos palais.

La vaccination est aussi mal comprise des villageois. Il se trouve toujours un plus malin pour proposer aux autres de se faire vacciner à leur place (moyennant finance). Bien sûr, au bout du sixième ou septième vaccin notre arnaqueur risque la mort.

Aller chercher de l'eau à grande distance, notamment pour les enfants et les femmes enceintes, semble à nos yeux d'occidentaux, une corvée inhumaine, (nous qui tournons juste un robinet pour faire couler de l'eau chaude). Mais pour les femmes africaines, c'est avant tout un point de rencontre, et une occasion rare où elles peuvent papoter loin de leurs maris.

Des associations humanitaires ayant installé une fontaine sur la place du village, ont provoqué une perte d'autonomie très mal ressentie. Surveillées par les maris, il fallait très vite réintégrer les foyers. Fini les cancans entre femmes. La panne de la pompe fut une bénédiction. Personne n'a demandé sa réparation.

Plus grave encore... des latrines publiques sont fermées, scellées par des planches, avec une mention impérative écrite à la peinture rouge... "Fady" (tabou !). En effet la tradition locale interdit de déféquer à un endroit ayant déjà servi de réceptacle à un autre étron. Les villageois font donc massivement leur besoins sur les plages, car (théoriquement) lavées par la mer à marée haute. Cette pratique induit évidemment une insidieuse pollution des nappes phréatiques, toujours présentent à fleur de terre jusqu'en bordure plage... De plus ces "champs de mines nauséabonds" font bien évidemment fuir les touristes

Dans ces conditions, un projet de médiathèque de brousse, n'était-ce pas une belle utopie prétentieuse, elle aussi totalement décalée de toute réalité locale ???

A l'instar de notre ami « Johnson », le piroguier, dont l'envie de lire le poussait jusqu'à déchiffrer nos factures, les quelques livres que j'avais emmenés ont vite été empruntés par les habitants du village.

Cette frénésie de lire se manifestait chez tous les habitants, laquelle ne pouvait être assouvie par les seules écoles primaires des villages. Celles-ci dispensaient bien, avec leurs moyens dérisoires, une instruction sommaire, essentiellement orale, dans des classes surchargées à l'extrême (jusqu'à 115 élèves au CP !)

Les parents n'ayant pas les moyens d'acheter des fournitures scolaires, la Médiathèque devait apporter une forme de culture (au sens le plus large) leur donnant une certaine la liberté d'accès à leurs propres centres d'intérêts.

Il fallait donc créer, outre un fond documentaire, des expositions, des causeries des kabars (sorte de joutes oratoires), des ateliers artisanaux etc... le tout pouvant contribuer à une éducation alimentaire, sanitaire, environnementale, ce, simultanément, à l'usage des enfants et des parents.

Au delà, une médiathèque en pleine brousse pouvait aussi permettre une intégration plus aisée des étrangers souhaitant aider au développement du pays, voire aux humanitaires de passage ainsi qu'aux aux simples touristes.

J'ai donc créé deux associations, l'une à la Réunion l'autre à Madagascar avec pour objectif de produire une sorte de vases communicants. (Le détail technique de ces deux structures, leur statuts, organisations, et leurs actions sont disponibles en pièce attachées en fin d'article).

Cette démarche a fait immédiatement des émules, avant même la réalisation concrète, de la médiathèque, c'est à dire la construction des bâtiments. En effet, une association de femmes a vu le jour, ayant pour but d'aider les villageoises à concevoir, produire et vendre des produits artisanaux... Nous leur avons acheté des tissus pour faire des poupées malgaches, certaines ont fabriquées des paniers que nos adhérentes ont vendus au profit de l'association.

Des contacts très avancés ont été développés notamment avec les clubs Rotary du Sud Réunionnais et de Tamatave pour le financement des bâtiments.

Les diverses « péripéties » décrites dans ce blog ont naturellement remis en question les possibilités d'implantation et le timing de mise en oeuvre de cette médiathèque de brousse.

Cependant, une action plus modeste, a néanmoins été réalisée à l'orphelinat... la reconstruction d'un bâtiment (en dur) à usage de maternelle. Le gros oeuvre a été payé sur nos deniers propres et ceux de quelques membres de la famille, tandis que l'aménagement des salles de cours l'a été par un Rotary métropolitain.

En dépit de tous ces déboires, les membres des structures locales mises en place , tant à La Réunion qu'à Mada souhaitent poursuivre l'action, même avec une présence raréfiée de notre part.

Le Président de l'association Saint-Marienne a proposé une partie d'un terrain qu'il possède sur le versant nord-est de Sainte-Marie, pour y construire les bâtiments.

Mediacis a par ailleurs été sollicitée par une école de service Social dirigé par la congrégation des filles du coeur de Marie (Soeurs laïques) pour la création d'une médiathèque située aux environs de Tana et une autre à Amito à 22 kms d'Ambositra un lieu très défavorisé où elles ont crée un orphelinat.

Une assemblée Générale de l' Association Réunionnaise sera convoquée en fin d'année scolaire pour établir une nouvelle stratégie. Car d'ici là, l'immense bouleversement politique Malgache observé ces derniers mois se sera peut-être stabilisé, et la disponibilité mentale et physique de « Tati et Papy Dézil » vraisemblablement sensiblement améliorée


MediacisOctroi_agremment.doc MediacisOctroi agrémment.doc  (12.5 Ko)
Maternelle_Parviz.jpg Maternelle-Parviz.jpg  (91.01 Ko)
Dossier_de_presse_Cultures_Insulaires_Solidaires_ACTUALISE.doc Dossier de presse Cultures Insulaires Solidaires ACTUALISÉ.doc  (587.5 Ko)
MEDIACIS_de_brousse___Statuts.doc MEDIACIS de brousse - Statuts.doc  (39.5 Ko)
CIS_Realisations_a_fin_septembre_2006.doc CIS Réalisations à fin septembre 2006.doc  (13 Ko)


Jean-Claude RIDOLCE
Rédigé par Jean-Claude RIDOLCE le Mardi 20 Février 2007 à 09:08

Pêle-Mêle

Quand il n'existe rien... il faut tout créer aurait dit justement Monsieur De La Palisse !


De l'humanitaire tout Azimut... Synergetiques.org !
www.synergétiques.org

La déficience locale en matière infrastructurelle, technique, financière, socioculturelle avait déterminé qu'il fallait préalablement à toute action créer un outil de centralisation et de diffusion documentaire ainsi que développer des moyens de communication.

Cela nous le savions bien avant de le vérifier sur place. Aussi avions ainsi, d'emblée, créé un portail Internet « www.synergétiques.org » dont l'ambition était d'offrir aux organisations de terrain des instruments efficaces dans les domaines où ils ne l'étaient pas. Éradiquer le paludisme, au regard de ce qui avait été fait dans de nombreuses contrées du monde pouvait sembler relativement facile, les paramètres de base de Sainte-Marie étant a priori idéaux.

Mais, ici, il fallait préalablement partir quasiment de zéro en tout domaine. Cartographie, études démographiques, statistiques, épidémiologiques fiables, etc...

Alors, comment s'y prendre pour monter un tel projet à partir de rien, sans aide et sans financement ?

Il convenait prioritairement d'analyser des centaines de facteurs, les hiérarchiser et tenter de les mettre en oeuvre avec les moyens du bord. De plus il s'était avéré très vite qu'il était impossible de mener à bien une telle tâche sans une collaboration massive de la population locale. Malheureusement, selon l'adage, ventre affamé n'ayant pas d'oreille, il fallait « motiver » les gens non avec de « grands projets stratégiques et durables» mais à partir d'actions de terrain, à très court terme et à très petite échelle.

Comment regarder les choses en haute altitude et en même temps au ras des pâquerettes ?

Comment concevoir, développer, et et mener à bien des projets hétérogènes, voire antinomiques, en éliminant toute redondance à terme, en conservant un maximum de cohérence. De plus, d'autres facteurs culturels, tels que la langue, le culte des ancêtres, des habitudes alimentaires et hygiéniques, des séquelles politiques des régimes précédents, etc... venaient compliquer la tâche à l'extrême.

Enfin, et c'est bien connu, les grandes opérations humanitaires internationales classiques, n'ont qu'un impact local réel estimé à moins de 20 %... et il n'était évidemment pas pensable que notre projet prenne ces systèmes dispendieux et inéfficaces pour modèle.

Notre handicap majeur et permanent à Sainte-Marie aura été l'absence de réseau téléphonique fiable. Même un simple courrier électronique de quelques lignes ne passait pas. Si les conditions climatiques étaient optimales, il était possible de se connecter au cyber-café du chef-lieu (installé en X25 sur du filaire en raison de sa proximité avec le central, mais avec un débit maximum de 96 Kb). Le problème irréductible, pour atteindre cet « eldorado » télématique, était qu'il nous fallait partir en pirogue parfois à 5 Heures du matin (en fonction des marées, des vents etc...) et espérer une correspondance incertaine avec un taxi-brousse. La plupart du temps lorsque nous arrivions en ville, le cyber n'avait soit pas de connexion, soit tous les postes avaient été réservés par des habitants du chef lieu soit par des touristes. Et nous repartions bredouilles ou dans l'obligation de prendre une chambre d'hotel en attendant une hypothétique connexion.

Donc nous n'avons pu développer le Portail Internet Synergétiques que lors de passages éclair sur la grande terre ou à La Réunion. Cette même conjoncture avait également eu les mêmes conséquence sur le projet de Parviz (voir l'article sur CIS/MEDIACIS), et d'autres projets personnels professionnels qu'il m'avait fallu mettre en hibernation.

Ce problème technique rédhibitoire, était aussi démonstratif d'une autre contrainte au niveau majeur de l'état... pour faire naître quelque projet que ce soit à Madagascar, il y avait un préalable législatif à résoudre. En témoignent nos efforts auprès du Premier Ministre pour régler globalement ce type de difficulté (Voir PJ).

Ainsi, autant il est (relativement) facile d'organiser par exemple une opération médicale autour d'une épidémie (voir PJ et photos) autant tout challenge de fond devenait aléatoire dès que l'on rentrait dans des problèmes d'ordre politique, tout devenait plus difficile et infiniment plus long :

Ainsi un projet de création d'un relais télématique (via satellite direct) entre le guichet unique à Tamatave et la CCI de La Réunion, a t'il été remis en cause, suite à une suppression de l'institution Ministérielle qui la gérait, (pour renaître un an après sous la coupe directe du Président).

Idem pour l'organisme (OMERT) qui gérait les Télécoms au niveau national.

Ces changements institutionnels incessants ont atteint de manière plus ou moins importante la quasi totalité des projets que nous tentions de réaliser. Or, comme on l'a vu, nous étions dans l'obligation d'interconnecter des dizaines de projets.

Car, comment imaginer, par exemple, un épandage d'insecticide, sans connaître très pertinemment la topographie, l'aérologie, l'hydrologie etc... intégrer des paramètres de logistiques complexe, sans infrastructures portuaires adéquats, sans route carrossable etc...

Ceux que cela intéresse trouveront quelques pièces jointes édifiantes caractéristiques de projets en apparence d'intérêt sectoriel alors qu'ils étaient pièce maîtresse en d'autres domaines... connexe ou non.

Conclusion : il n'est pas impossible que le formidable travail de restructuration effectué par Madagascar ces dernières années finisse par porter ses fruits. Nous sommes donc toujours attentifs à cette évolution, (trop rapide pour les uns mais clairement trop lente pour les besoins infinis du pays).

En attendant nous recherchons tous moyens pour continuer notre action... en dépit de toutes les difficultés passées, présentes et à venir !



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1ere_liaison_tel_JC_apres_15_mois_d_attente.jpg 1ère-liaison-tel-JC après 15 mois d'attente.jpg  (70.73 Ko)
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Paluchik_Concept.doc Paluchik Concept.doc  (273 Ko)
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TELMA.doc TELMA.doc  (25.5 Ko)
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Jean-Claude RIDOLCE
Rédigé par Jean-Claude RIDOLCE le Vendredi 2 Février 2007 à 11:51

Pêle-Mêle

Bien qu'en possession d'un bail de 30 ans dûment estampillé, la cohabitation avec notre propriétaire et ancien régisseur était devenue vraiment trop tendue. Nous souhaitions donc nous éloigner du Jardin Tropical en attendant le développement judiciaire des affaires en cours.


TROPICALIA.... Nouveau décor... Nouveaux projets !
Notre Ami et Président de l'association Synergétiques, Marc Blondel, nous propose alors un terrain absolument splendide, plus vaste que le précédent, en attente d'affectation depuis une quinzaine d'années. Il est magnifiquement arboré et présente de plus une disposition idéale pour installer la Médiathèque de Brousse de Parviz et le Centre d'agriculture expérimentale indispensable à plusieurs sous projets de Jean-Claude.

Mais, comment financer cette kyrielle de projets ?

Tout d'abord il faut rappeler la différence abyssale de niveau de vie. Un Smic à 30 Euros et des coûts de matériaux locaux à l'avenant. Les demandes de subventions formulées aux bailleurs internationaux s'exprimant sur des bases occidentales, rien ne paraît impossible.

Néanmoins, un complément de recette pour assurer les frais de fonctionnement, s'avère hautement souhaitable. Compte tenu de l'engouement grandissant du monde riche pour le tourisme solidaire, l'idée d'un apport de type touristique s'impose.

Mais l'hôtellerie classique exige de grosses mise de fonds et surtout une compétence et une volonté de nous engager dans cette voie, qui nous font défaut.

Jean-Claude toujours imaginatif, invente "la tente végétale" sorte de bungalow, mais amovible, ne comportant que des matériaux indigènes et des techniques ancestrales locales. L'objectif est que cet objet soit la base (symbolique et marketing) d'un nouveau concept... celui de "gîte de brousse".

L'idée en perspective est de créer un circuit, de relais en relais, pour relier les diverses étapes à pied, en carriole à zébu, en pirogue, à bicyclette etc... afin de visiter l'intégralité du nord "sauvage" de Sainte Marie.

Se pose néanmoins, un petit problème... même à un coût initial égal à 10% de l'hôtellerie classique, peu d'autochtones disposent des moyens financiers nécessaires. Un contact est pris avec "OTIV", un groupe financier mutualiste local. Un accord de principe est pris pour créer un équivalent local et adapté des "gîtes de France".

Mais l'heure est venue de retourner quelques semaines à La Réunion, pour l'entretien médical de J-C et le suivi de nombreux contacts avec les instances paraétatiques, ou privées apporteurs virtuels de fonds... ainsi qu'organiser des réunions avec les membres de nos associations.



Gites_de_Brousse.doc Gîtes de Brousse.doc  (22.5 Ko)
Projet_de_Zone_Franche_606077.doc Projet de Zone Franche.doc  (20.5 Ko)


Jean-Claude RIDOLCE
Rédigé par Jean-Claude RIDOLCE le Mercredi 3 Janvier 2007 à 11:54

Tsunami sur le lagon !

Mardi 2 Janvier 2007

Pêle-Mêle

En raison de nos excédents de bagages démesurés (comme d'habitude), et de nos deux précédentes traversées maritimes extrêmement détestables, Jean-Claude, était parti seul en bateau, Parviz devant le rejoindre quelques jours après en avion.


Tsunami sur le lagon !
Premier incident imprévisible... presque Folklorique !

Nous étions en période pré-électorale. Le frère de l'ancien dictateur, lui même condamné et interdit de séjour, décide de sortir d'exil pour présenter sa candidature à lélection Présidentielle.

Réaction inattendue du gouvernement : fermer « sine die » l'aéroport de Tamatave, son fief. Deux semaines plus tard, lors de la réouverture, il n'y a plus de place d'avion à destination de Sainte-Marie.

Il est de plus en plus "urgent d'attendre" ! Parviz et moi, nous donnons rendez-vous à Tananarive, (la capitale en plein centre de l'île) pour réfléchir plus sereinement à notre « avenir » !

Deuxième incident imprévu... les choses se dramatisent... 1 mort (lointain) !

Nous sommes maintenant en pleine période électorale. Parviz doit arriver dans quelques heures. Coup fil angoissé : que se passe t il à Tana ? Une radio Réunionnaise, informée par la diaspora malgache, prétend qu'il y a un coup d'état et même des morts... Faut-il venir ? Y'a t'il danger ?

Sur place tout semble calme. Renseignement pris un début de coup de force vient d'avoir lieu dans une caserne par un général flanqué de quelques de comparses. Mais l'armée, fidèle au Président, mate cette mini rébellion. Bilan un mort quand même.


Troisième incident imprévu... gravissime celui-là, 4 Morts (dont deux proches) !


Soigneusement caché par la presse malgache, mais révélé par téléphone par nos amis et voisins, une nouvelle atroce vient nous boulverser.

L'une de nos très proches relations de Sainte Marie, en qui nous avions toute confiance, aurait commandité une exécution, à la manière mafieuse. Deux individus venant de la « Grande terre » équipés d'armes militaires, avaient exécuté froidement l'épicier de notre village d'une balle dans la tête, (semble t'il pour des questions de contrôle territorial du marché de la girofle).

Les villageois, sans jugement, selon la coutume (dina), mais interdite par la loi moderne, ont exécuté au coupe-coupe les deux exécuteurs (apparemment avec la bénédiction, voire l'appui, des forces de l'ordre)

L'un des deux mercenaires a dénoncé avant de mourir notre piroguier comme étant le commanditaire, lequel a été attrapé par les gendarmes alors qu'il prenait la fuite. Jeté en prison... Il y serait mort... officiellement « de remords » !!!.

Là, ce n'était plus une goutte d'eau qui faisait déborder le vase, mais un véritable tsunami qui submergeait le lagon..

Le climat psychologique devenu insupportable et les difficultés matérielles du fait de l'incertitude sociopolitique fit que nous décidions d'attendre quelques temps, en terrain, a priori, moins périlleux... pour y voir clair.

Nous sommes royalement accueillis par des cousins charmants et dévoués, possédant une usine développant une activité unique à Madagascar. Jean-Claude tout en explorant d'éventuels débouchés autour de la télématique, développe un portail Web pour cette entreprise (cliquer ICI .sunthesis.net/).

Trois mois se sont encore écoulés. Il est temps pour lui d'effectuer son contrôle médical trimestriel, et de régler quelques tracassins administratifs encore en suspens, notamment autour de son statut de retraité...

Jean-Claude RIDOLCE
Rédigé par Jean-Claude RIDOLCE le Mardi 2 Janvier 2007 à 19:43

Interdit de retraite...

Lundi 1 Janvier 2007

Pêle-Mêle

La condition sine qua non pour obtenir un visa de long séjour à Madagascar, est soit d'être retraité (et de virer 1000 Euros de ses allocations vieilesse sur place), soit d'être "investisseur", c'est à dire de monter et financer une activité économique.


Retour à la case départ... dans une nouvelle case
Retour à la case départ... dans une nouvelle case
J'avais attendu sagement mon soixantième anniversaire,

Lors de mon précédent passage à La Réunion j'avais déposé un dossier de demande de mise en retraite, ayant déjà 45 ans d'activité professionnelle derrière moi.

A peine débarqué, je reçois un avis n'imposant de passer une visite médicale visant à vérifier mon "inaptitude" au travail.

Petit questionnaire : je déclare avoir obtenu 20 % d'invalidité de l'armée pour des séquelles de Bilharziose, ainsi que de la Sécu une "ALD" à 100 %" pour diabète et quelques autres séquelles d'affections tropicales... Palu, amibes, Chikungunya. (Tout ceci étant parfaitement démontré bien entendu).

Alors que la contrée enregistre un chômage record de plus de 45 % et que l'ANPE n'a pas vu la moindre offre d'emploi pour "senior" depuis 18 mois sur l'ensemble de l'île, le médecin chargé du contrôle me déclare "apte" au motif que j'exerce un métier intellectuel et que manifestement, je n'ai rien perdu de mes facultés sur ce plan.

Certes je peux prendre ma retraite sur des bases partielles, non pas au prorata de la durée de mes activités professionnelles, mais selon les résultats d'un savant système discriminant, égal à 38 % du minimum vieillesse... soit moins de 300 Euros mensuels ! Par ailleurs, n'ayant pas été licencié, je n'ai évidemment droit à aucune aide sociale des ASSEDIC.

La conséquence immédiate est une absence totale de choix. Parviz doit me rejoindre à La Réunion pour tout y recommencer une nouvelle fois à Zéro.

Naturellement, pour moi, il n'est ni question d'accepter ce verdict absurde et inique, ni de rester à végéter le temps que les choses se règlent par voie de justice.

Car je n'ai plus, du fait de cette décision administrative (aussi imbécile qu'injuste), la possibilité de me réinstaller légalement à Madagascar... Je n'ai pas d'avantage les moyens pratiques de réintégrer mon pays, car désormais démuni de tout. Même le bon niveau de retraite de Parviz devient un handicap, car aucune aide étatique ne m'est plus accessible !

Il nous fallait un toit d'abord. Heureusement Michel-Alexandre, mon plus vieil et fidèle ami me dépanne par le prêt gracieux d'un mini pavillon jouxtant sa villa (juchée en haut d'une petite montagne surplombant Saint-Denis, le chef-lieu de l'île), ce qui me permet de chercher et trouver tranquillement une occasion extraordinaire. Il s'agit d'une maison isolée dans les champs de cannes (mon rêve de nature est exhaussé) dans l'Est de l'île où l'on vient, de manière inespérée, d'inaugurer la plus grande zone Franche de France.

Qui dit Zone Franche dit avantages fiscaux et sociaux.

Renseignement pris, il est possible de créer un vaste projet joignant l'utile et l'agréable tant à titre personnel que pour la collectivité que nous allons intégrer.

Ce projet est immédiatement illustré par la création d'un Portail Internet de démonstration.

Pour tout savoir... Cliquez ici

J'apprends ensuite qu'il existe une forme de coopérative dite "CAE" (coopératide d'activités et d'emploi) qui pourrait me permettre de réactiver certains de mes projets télématiques.

Une succession d'opportunités me permettent aussi de trouver des locaux et d'en faire profiter un groupement d'organismes sociaux (dont la seule CAE de l'île).

Bref, l'aventure renaît sous une autre forme, sans doute de manière plus conforme à notre nouveau statut de "troisième âge"

Voilà, nous en sommes là de l'épopée.

Nous ne manquerons pas de développer les prochains épisodes ici même.

Merci de votre attention, de votre sollicitude, et pour la majorité d'entre vous... de votre affection.

Tati et Papy Dézil.


JCRA_Souvenirs_Professionnels.doc JCRA Souvenirs Professionnels.doc  (194.5 Ko)


Jean-Claude RIDOLCE
Rédigé par Jean-Claude RIDOLCE le Lundi 1 Janvier 2007 à 19:53

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